Un zoo en hiver

Un zoo en hiver

11 mai 2011 1 Par Mélanie

Auteur : Jirô TANIGUCHI
Titre original : Fuyu no dōbutsuen 冬の動物園
Éditeur : Casterman
Collection : Ecritures
Parution : 11 juin 2009
ISBN : 2203020997

La quatrième :

Kyôto, 1966. Le jeune Hamaguchi travaille chez un fabriquant de textile. Mais lassé de ne pouvoir y assouvir sa passion pour le dessin, il démissionne et part pour Tôkyô. Il y découvre, en même temps qu’un studio de mangas qui lui donne sa chance, la vie nocturne et les milieux artistiques de la capitale. Mais le travail d’assistant mangaka est éreintant et Hamaguchi comprend vite qu’on y trouve difficilement le temps et l’énergie pour se consacrer à des oeuvres personnelles. Pour la première fois, Jirô Taniguchi se remémore ses débuts de mangaka et sa jeunesse dans le Tôkyô des années 1960. Un magnifique récit d’apprentissage, où toute la finesse et l’élégance de l’auteur sont réunies pour illustrer les premiers émois de l’âge adulte.

Mon avis :

Ce récit a la saveur typique de Quartier Lointain, un très bon Taniguchi. D’ailleurs, on dit souvent que son meilleur travail est teinté d’autobiographie, celui-ci n’échappe pas à la règle.

Dans le Japon des années 60, un jeune homme fait sa première expérience de travail dans une entreprise textile, mais cela ne rempli pas ses attentes créatives, en plus de prendre un tour particulier : chaperonner la fille du patron, ce qui va compliquer son quotidien. Il va donc partir et faire ses débuts de mangaka, à Tokyo, en tant qu’assistant.

Peu d’élus dans le manga. Si vous avez lu Bakuman, vous en avez une idée. A l’époque, c’est aussi difficile ! Le jeune Hamaguchi va vivre des épisodes similaires : précarité, manque d’inspiration, sorties… Jusqu’au jour où… Je ne me permet pas de dévoiler la suite, mais au vu du succès actuel de l’auteur, vous en avez une idée. L’atelier comprend quelques assistants en plus de l’auteur et de la rédactrice du journal où le manga est publié (qui n’est pas toujours présente). On y sent pas vraiment le stress causé par les délais, mais ce n’est pas le but du manga, qui focus plutôt sur le cheminement personnel du personnage principal confronté à la réalité, au doute et à l’espoir. Cet espoir est d’ailleurs donné par deux femmes : la première qui l’encourage à ne pas abandonner et à suivre sa voie, la seconde qui l’aide à réaliser sa première histoire terminée.

En plus de la fluidité de l’histoire, les dessins fourmillent de mille renseignements sur le Japon de l’époque, et l’histoire en dresse aussi une certaine ethnographie, avec les relations parents-enfants (le chaperonnage), familiales (le grand frère de Hamaguchi), amicales (l’atelier, les rencontres d’artistes) ou encore amoureuses (la jolie Miko).

J’en recommande donc la lecture pour passer un bon moment, allongé sur l’herbe au soleil (profitez-en, c’est la saison !), découvrir le métier de mangaka dans les années 60 et savourer le dessin magnifique de Taniguchi.