Pays de neige

Pays de neige

4 février 2017 0 Par Toshi

Auteur : UTSUGI Sakuko, d’après l’œuvre de KAWABATA Yasunari
Traduction : Patrick Honnoré
Titre original : 雪国, Yukiguni
Éditeur : Philippe Picquier
Parution japonaise : 2010
Parution française : 4 février 2017
ISBN : 978-2-80-971222-3
Prix : 14,50€

La quatrième :

C’est l’histoire d’un amour fou au cœur des montagnes de l’hiver. Un triangle amoureux, une geisha impudique et retenue, une rencontre énigmatique dans la blancheur de la neige.
En devenant manga, l’esthétique de Kawabata passe l’épreuve du désir physique non plus suggéré mais épié, mais préserve son essence de pureté et de beauté.

Mon avis :

Cette fois-ci, Picquier nous propose un Shōjo historique très élégant, assez grave, adapté d’un des chefs-d’œuvre de la littérature japonaise du siècle dernier.
Pour introduire mon propos, je dois avouer que j’étais passé à coté de l’œuvre originale jusqu’ici (j’ai été chercher quelques extraits suite à cette lecture, et je jure que cette lacune ne subsistera pas très longtemps, car j’ai eu le souffle coupé).
Le récit nous propose de suivre les parenthèses que s’accorde un jeune rentier dans une station thermale coupée du monde. Il y rencontre Komako, une jeune geisha avec qui il dépassera bien vite le statut de client pour entretenir une relation d’amour et d’amitié, qu’un drame lie à Yôko, une jeune femme taciturne dont la beauté froide le fascine.

J’ai particulièrement apprécié la finesse des relations entre les personnages : la tendresse teintée de provocation que se vouent le narrateur et Komako, la chaleur et la réalité de leurs rapports qui s’oppose à la distance sublime et déviante de Yôko, et les passions étouffées par la grâce et la tranquillité d’un microcosme destructeur.

« Le reflet translucide de la jeune fille sur la vitre du train se superposait au paysage nocturne qui s’écoulait au-dehors. Les lumières de la campagne allumaient des feux dans ses pupilles… »

Cet extrait d’une des premières scènes du livre, conservé tel quel dans le manga, montre la force des images surgies des contemplations du héros. Mais l’écriture brille également dans la justesse des dialogues, où se mêlent les attentes, les angoisses, les convenances dues aux positions sociales et les affections des personnages.

Pour ma part donc, c’est un excellent manga que je conseillerais à quelqu’un qui souhaite lire un shôjo mature (sans grand débordement d’érotisme, entendons-nous), découvrir l’œuvre originale ou un nouveau regard sur celle-ci.