Miss Hokusai

Miss Hokusai

9 février 2019 0 Par Mélanie

Auteur : SUGIURA Hinako 杉浦 日向子
Traduction : Patrick Honnoré
Titre original : Sarusuberi 百日紅
Éditeur : Philippe Picquier
Parution japonaise : Weekly Manga Sunday (1983-1985)
Parution française : 7 février 2019
ISBN : 978-2-8097-1392-3
Prix : 19€

La quatrième :

Miss Hokusai tenait de son père son talent et son obstination. C’était une femme libre qui fumait la pipe, buvait du saké et fréquentait les maisons de plaisir pour croquer les belles femmes sur le vif. Autour d’elle et de Hokusai se déploie la chronique fantasque d’une vie de bohème au début du XIXe siècle, où se côtoient peintres, poètes, courtisanes et acteurs du kabuki.
Sugiura Hinako (1958-2005) est une mangaka et une historienne spécialisée dans la vie et les coutumes du Japon de l’ère Edo. Elle travaillait beaucoup pour le cinéma et son manga a été adapté en film en 2015.

Mon avis :

Miss Hokusai, connu sous le nom de Sarusuberi au Japon, a paru entre 1983 et 1987 dans le magazine Weekly Manga Sunday, puis en 1996 en trois volumes.

Si j’apprécie les estampes japonaises, je n’ai jamais tant pris le temps de me pencher sur la vie de leurs artistes, HOKUSAI ne faisant pas exception. Traduit par l’excellent duo Patrick Honnoré et Ryoko Sekiguchi, la parution de ce manga était l’occasion rêvée de mettre le nez dedans.

L’autrice Hinako SUGIURA n’était pas seulement mangaka mais également historienne des mœurs et coutumes pendant l’ère Edo, ce qui se ressent dans la précision et la finesse avec laquelle ses personnages sont écrits. Ils possèdent une profondeur qui nous amène très rapidement à nous inclure dans l’histoire et non plus comme un simple lecteur.

Miss Hokusai, O-Ei  (ou Ōi, en japonais Katsushika Ōi 葛飾 応為) de son véritable nom, remplaçait souvent son père quand il s’agissait de peindre. Femme libre et non-mariée, elle fume, bois, fréquente les quartiers du monde flottant… Elle préfigure sans aucun doute les moga (contraction de modern girl), ces femmes émancipées du début du XXe siècle. Le récit me fait également penser à notre Montmartre des peintres et artistes bohèmes.

On l’accompagne, au fil des pages, dans la société japonaise d’alors, ses liens sociaux, ses mœurs, ses superstitions, les rivalités d’artistes, leurs renommées, leurs organisations…  j’oserais presque dire que c’est un manga de vulgarisation historique.

Le dessin oscille entre croquis, estampe, calligraphie, sans pour autant dénoter. On les  errait presque en couleurs ! Le rythme du récit est continu sans être illisible, en bref, c’est assurement un chef-d’œuvre que ce manga, et la traduction en est excellente.

Petite note : il n’est pas à destiner aux plus jeunes, puisqu’il y a quelques dessins un peu crus.

Il en a été fait un film d’animation, Miss Hokusai, en 2015.

Le second tome sortira en avril 2019.

Pour découvrir le travail de l’artiste O-Ei, voici deux de ses œuvres, je vous encourage vivement à découvrir ce qu’elle a fait !

Trois femmes jouant ds instruments de musique『三曲合奏図』Sankyoku gassô zu
(William Sturgis Bigelow Collection, Museum of Fine Arts Boston)

Yoshiwara la nuit『吉原格子先図』(Yoshiwara Kōshisakinozu)