L’hiver dernier, je me suis séparé de toi

Auteur : NAKAMURA Fuminori
Traduction : Myriam Dartois-Ako
Titre original : 去年の冬、きみと別れ; Kyonen No Fuyu, Kimi to Wakare
Éditeur : Philippe Picquier
Parution japonaise : 2013
Parution française : 4 février 2017
ISBN : 978-2-8097-12
Prix : 17,50€

La quatrième :

Un journaliste est chargé d’écrire un livre sur un photographe accusé d’avoir immolé deux femmes, mais pourquoi l’aurait-il fait ? Pour assouvir une effroyable passion, celle de photographier leur destruction par les flammes ? A mesure que son enquête progresse, le journaliste pénètre peu à peu un monde déstabilisant où l’amour s’abîme dans les vertiges de l’obsession et de la mort. Un domaine interdit où il est dangereux, et vain, de s’aventurer…
Dans ce roman noir qui flirte avec le roman gothique pour mieux nous faire frissonner, les apparences sont toujours pires que ce qu’elles semblent, les poupées sourient étrangement et le rouge est celui du sang. Seule est certaine l’attirance pour la perdition.

Mon avis :

Ne vous fiez pas à la longueur du titre, car c’est un polar qui se dévore d’un trait! Sans doute un peu parce que c’est la lecture idéale en ce milieu d’hiver, mais pas uniquement.

Nous plongeons donc avec le narrateur dans la psyché d’un artiste assassin qui, se sachant condamné à la peine capitale, entre dans un jeu de manipulation délétère (aux bons échos du Silence des agneaux ), entre les entretiens, les lettres et les rencontres de son rare entourage.
L’efficacité du récit impressionne, et malgré la complexité de l’intrigue, je n’ai pas été perdu une seule fois: chaque retournement de situation fait mouche, ne fût-il parfois dévoilé qu’au détour d’un paragraphe.
Pour autant, le roman ne manque pas d’âme, et fait la part belle aux pulsions morbides de l’art du portrait et propose une lecture pertinente de certains courants de l’art japonais contemporain (pour notre plus grand plaisir). Par ailleurs, le regard du narrateur, bien que perdu dans son enquête, est souvent contemplatif et lyrique.

Vous l’aurez compris, c’est donc un récit très dense, retors, et particulièrement réjouissant que je conseille aux amateurs. Ses multiples niveaux de lecture (jusqu’au style lui-même!) sont autant de clés nécessaires à sa résolution, et je salue respectueusement son auteur, ainsi que sa traductrice qui a su pleinement en retranscrire la maestria.

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