Les Temps Modernes nº699

Les Temps Modernes nº699

9 septembre 2018 0 Par Mélanie

Auteur : Collectif
Éditeur : Gallimard
Parution française : 16 août 2018
ISBN : 9782072802294
Prix : 22,50€

Site de la revue : Gallimard.
La quatrième :

Mon avis :

Revue fondée par le couple Sartre et de Beauvoir, cette revue littéraire, politique et philosophique est dans sa 73e année. Elle ne parle bien évidemment pas seulement du Japon, vous vous en doutez ! Si je vous la présente aujourd’hui, c’est parce qu’un article japonais m’a fortement intéressée : Les mouvements citoyens et la politique des partis, de Murakami Ryota.

Si la politique japonaise vous intéresse un tant soit peu, vous saurez que le PLD, parti actuellement au pouvoir, l’est de façon presque discontinue depuis une cinquantaine d’années. L’article est très bien traduit et le discours est aussi construit que fluide, ce qui permet une appréhension du contexte, des problèmes et des évolutions très facilitée. L’on y apprend, outre le fonctionnement du système politique nippon, que depuis plusieurs années déjà, le paysage politique évolue. L’abstention est très forte (50%) mais des mouvements citoyens s’organisent, jusqu’à fonder une coalition de partis qui, malgré un revers de taille, est maintenant la première force d’opposition du pays. C’est une excellente nouvelle que ce réveil citoyen, inspiré de la France selon un des concernés, dans une population qui avait semble-t-il perdu espoir d’être représenté. Je ne saurais que trop vous recommander la lecture de cet article !

Ma curiosité a été piquée par plusieures autres contributions, dont celui sur le veganisme en Israël. Ayant quelques veganes dans mon entourage, sujet que je connais moi-même très bien (je ne suis pas vegane mais je m’y intéresse beaucoup), les spécificités du veganisme en Israël sont surprenantes. L’auteur s’attache à montrer différents aspects et approches de veganes sur place, du simple militant aux radicaux.

Une des raisons de la forte présence des antispécistes est, d’une part, le parallèle avec les camps de concentration, d’autre part, les interdictions alimentaires déjà présentes dans la Torah (ainsi que la condamnation de la souffrance animale) mais aussi, face à l’échec politique, une façon de réussir à faire avancer une cause. C’est pourquoi ce problème est multifactoriel et intéressant de considérer les approches légèrement différentes en terme de contexte que dans d’autres pays.

Évidemment, en parallèle, il est également souligné que comme le pinkwashing qui a été reproché récemment, le veganwashing semble être également une stratégie politique pour détourner le regard des colonisations…. car oui, les hommes politiques récupèrent la cause animale à leur profit, comme certains lieux huppés qui ont, eux aussi, flairé le bon filon. Un article très éclairant et qui apporte du grain à moudre aux réflexions qu’on aurait à ce sujet.

Je vous avoue ne pas avoir encore terminé l’ouvrage, j’en suis à la lecture des premières contributions, mais la qualité est là, indéniable, proposant au curieux d’ouvrir ses horizons, jusque là sans pédantisme. C’est en accord avec les numéros que j’ai consultés durant mes études, et qui m’ont été fort utiles.