Les Herbes de l’éternité

Les Herbes de l’éternité

19 décembre 2016 0 Par Mélanie

Auteur : Kamisaka Sekka  神坂 雪佳, présenté par Manuela Moscatiello
Traduction : Manuela Moscatiello
Titre original : Momoyogusa 百々世草
Éditeur : Philippe Picquier
Parution japonaise : 1909/1010 pour la première édition. 2003 pour le présent volume.
Parution française : Octobre 2016
ISBN : 2-8097-1207-0
Prix : 25,00 €

Lire un extrait sur le site de l’éditeur.

La quatrième :
SEKKA Kamisaka (1866-1942) est une figure majeure du Japon artistique du xxe siècle. Né à Kyôto, ses talents artistiques sont très tôt reconnus. Travaillant la peinture et la laque, il est considéré comme le dernier représentant de l’école Rimpa.Les artistes de l’école Rimpa peignent des sujets simples tirés de la nature, oiseaux, plantes et fleurs. En 1910, Sekka est envoyé par le gouvernement japonais à Glasgow, d’où il revient fortement influencé par l’Art Nouveau. S’il s’en tient toujours aux sujets traditionnels de l’art japonais, il expérimente les techniques occidentales et les intègre dans ses œuvres. Il utilise de grands aplats de couleurs vives, les couleurs et les motifs semblent jaillir de ses peintures, leur donnant un caractère tridimensionnel.

Mon avis :

C’est un beau livre d’art que Les Herbes de l’éternité, et une entrée en matière qui initie n’importe que profane curieux au courant Rinpa de la peinture traditionnelle japonaise, du moins à son expression sous les coups de pinceaux habiles de Sekka. Il est considéré comme le dernier représentant, peu ou prou, de ce courant artistique, qu’il a su s’approprier en y incorporant sa sensibilité pour les courants dits « occidentaux », Art nouveau et Arts and Crafts, mais aussi le Japonisme, alors très en vogue.

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L’œuvre de Sekka est un art décoratif, au sens où nous l’entendons, mais pas que. Au Japon, l’art et l’artisanat se confondent : le beau et l’utile ne sont pas contraires. Il a également à son actif des motifs de kimono, des objets.

Il dépeint un univers incroyablement riche : nature, paysages de mer, gros plans, animaux, personnages, vie quotidienne, rien n’est épargné par l’éclectisme de Sekka qui sublime ces sujets.

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Les expressions des personnages sont finement représentées, on imagine sans problème une envolée de papillons, le vent dans les branches… Parcourir les pages des Herbes de l’éternité est un voyage calme, comme une balada au bord d’un lac de montagne, apaisant, curieux.

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Un bémol, et qui, je sais, compte pour certains, les images en double page coupées en leur centre par la pliure, qui gâche quelque peu l’appréciation de l’art de Sekka. Peut-être  que conserver le format leporello de l’édition précédente aurait été plus judicieux -néanmoins, le livre aurait-il été aussi abordable ?

Faut-il pour autant passer son chemin ? Non, je ne le pense pas. C’est un ouvrage complet, avec une préface instructive, une analyse en fin de volume des œuvres pièce par pièce, et c’est suffisant pour moi pour outrepasser ce défaut de pliure.

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