Les Dimanches de Monsieur Ushioda

Les Dimanches de Monsieur Ushioda

16 septembre 2011 1 Par Mélanie

Auteur : Inoue Yasushi 井上靖
Titre original : 欅の木 Keyaki no Ki
Éditeur : Stock
Parution : 2000
ISBN : 9782234051959

La quatrième :

Président d’une grande entreprise japonaise, Monsieur Ushioda souhaiterait pouvoir connaître le dimanche un peu de tranquillité et se consacrer à des sujets d’intérêt personnel. Hélas… Que ce soit son épouse, ses amis ou des inconnus, il semble que le monde entier se ligue pour le déranger sous les prétextes les plus futiles – et les plus contraignants. Jusqu’au jour où…

Dans ce roman écrit en 1970, Inoué traite de problèmes sociaux sur un mode humoristique. Le message de 68 est bien passé mais, chez Inoué, pas de révolutionnaires hurlants ni de hippies euphoriques : simplement le changement d’attitude des gens ordinaires vis-à-vis des rites sociaux. Refusant de donner dans la nostalgie, l’esthétisme ou le pittoresque, le grand écrivain japonais nous livre ici quelques scènes irrésistibles – et sournoisement immorales – d’une comédie profondément humaine.

Mon avis :

L’auteur du Maître de Thé nous donne là un récit passionnant sur les hommes japonais devant le changement des années 70. Monsieur Ushioda n’a qu’un souhait : profiter de ses dimanches en paix : sans sa femme, sans ses enfants, sans importuns, seul face à lui même et ses loisirs. PDG d’une grande entreprise, il écrit également pour un journal des petites chroniques sur les jeunes, l’alcool et la cigarette, la sauvegarde des keyaki. Par une succession de tranches de vie, on suit son parcours personnel et son évolution.

Malheureusement pour lui, il est connu : ancien camarade d’armé, étudiant ou passionné, tous se succèdent chaque dimanche pour le voir, lui demander conseil ou service. Ses articles lui amèneront aussi des visiteurs, dont certains vont faire basculer sa vie.

J’ai été très surprise de cette évolution, justement. D’un Ushioda coincé et réac’, on passe à un japonais qui se sensibilise à l’air du temps sans même s’en rendre compte (lui non plus, soit dit en passant). Son aspiration à une certaine liberté de jouissance de lui-même l’amène à parcourir le pays, à s’ouvrir aux autres jusqu’à en être ébranlé dans ses fondations.

Néanmoins, j’ai eu du mal à le lire, probablement parce qu’il se savoure au calme, un dimanche, seul, près d’un arbre…