Le Passage de la Nuit

Le Passage de la Nuit

11 septembre 2011 0 Par Mélanie

Auteur : Haruki Murakami 村上 春樹
Titre original : アフターダーク Afutā Dāku (After Dark)
Éditeur : Belfond
Collection : Littérature Etrangère
Parution : 01/2007
ISBN : 978-2-71444214-7

La quatrième :

Pour une nuit, Haruki Murakami nous entraîne dans un Tokyo sombre, onirique, hypnotique. Un éblouissant roman d’atmosphère à la poésie singulière, aux frontières de la réalité et du fantasme, où chaque détail, rétrospectivement, fait sens.

Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Un musicien surgit, qui la reconnaît. Au même moment, dans une chambre, Eri, la sœur de Mari, dort à poings fermés. Elle ne sait pas que quelqu’un l’observe.

Autour des deux sœurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d’hôtel vengeresse, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite. Des événements bizarres vont survenir : une télévision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets.

À Tokyo, le temps d’une nuit, va se nouer un drame étrange…

Mon avis :

La nuit à Tokyo semble inspirer nombre d’écrivains japonais. Murakami Haruki n’est pas en reste et nous propose là un voyage double à travers une nuit dans un quartier de la ville qui ne dort jamais. Ou presque. Quand l’éditeur nous annonce un drame étrange, rien ne saurait être plus vrai. Si vous ne connaissez pas Murakami Haruki et sa façon d’écrire, son univers à la fois réel et surréaliste, c’est un ouvrage qui pourra vous dérouter sans vous détourner de l’ouvrage.

Chaque chapitre -dans l’édition que j’ai- est orné d’une horloge qui indique l’heure des évènements. Une temporalité nécessaire dans un texte hors du temps. Seul le soleil qui se couche et se lève coupe court à cette nuit sans fin. Mari, plongée dans un livre, semble ne pas vouloir dormir et tuer le temps. Arrive un jeune homme, jeune japonais marginal musicien, qui la reconnait et s’incruste à sa table, et parle à Mari. Elle, discrète, fermée, ne le renvoie pas mais ne manifeste que peu d’intérêt à cet étranger qui finit par partir. Arrive une femme…

Ailleurs, Eri, sa sœur, dort. Quand le focus est fait sur elle, on est extérieur, comme un fantôme invisible qui observe la jeune femme sur son lit. La télé grésille. C’est le rêve, la nuit, qui va la transporter dans un autre monde, étrange. Aussi étrange et torturé que celui de Mari. Deux mondes différents qui se croisent presque. Chacune va apprendre pendant cette nuit.

Je n’en dit pas plus, je pense avoir déjà trop parlé. J’aime Murakami Haruki en général, je ne suis peut-être pas très objective, mais ce livre est un des moins étranges que j’ai pu lire de lui. Déroutant, comme je l’ai dit plus haut, mais on passe vite outre. Le bizarre devient naturel avec sa plume. Je le recommande si vous cherchez un voyage de nuit autrement moins trash que celui de Lignes de Murakami Ryû, une balade dans une nuit presque banale où se croisent les destins des noctambules.