La fleur de l’illusion

La fleur de l’illusion

15 novembre 2016 0 Par Toshi

Auteur : Keigo Higashino
Traduction : Sophie Refle
Titre original : 夢幻花, Mugenbana
Éditeur : Actes Sud
Parution japonaise : 18 Avril 2013
Parution française : Octobre 2016
ISBN : 978-2-330-06900-1
Prix : 21, 80€

La quatrième :

Lino vient de perdre son cousin Naoto. Personne ne comprend pourquoi ce dernier a mis fin à ses jours : il ne montrait aucun signe de dépression et son groupe de musique était aux portes du succès. À l’occasion du drame, la jeune femme se rapproche de son grand-père. Elle découvre alors ses extraordinaires cultures de fleurs. Fascinée, elle lui propose de tenir un blog pour présenter son travail. Le grand-père accepte mais à une condition : ne rien poster sur une certaine fleur jaune qu’elle a vue chez lui. Quelques jours plus tard, Lino rend visite à son aïeul et retrouve son corps sans vie.
S’apercevant que le pot contenant l’énigmatique fleur jaune a disparu, elle décide de mettre en ligne une photo du cultivar. Rapidement, un certain Gamo Yosuke, qui se prétend botaniste, la contacte, lui conseille de supprimer la photo et de lui apporter la fleur. Chez lui, elle fait par hasard la connaissance de son jeune frère Sota, qui ne comprend pas pourquoi son aîné s’intéresse à cette fleur et s’est fait passer pour un botaniste alors qu’il travaille dans la police. Lino et Sota se mettent à enquêter ensemble pour découvrir ce qui se cache derrière cette mystérieuse fleur.
Minutieux orfèvre, Keigo Higashino a conçu sa Fleur de l’illusion comme un véritable origami policier. Le lecteur y admire tour à tour la fantastique complexité des innombrables plis, l’extrême raffinement de la forme et la trompeuse simplicité d’un art subtil.

Mon avis :

L’auteur propose ici un exercice étonnant: tisser une intrigue avec des ficelles classiques mais disparates du thriller contemporain. Bien que plongeant le lecteur dans la confusion dans les premiers chapitres, tout viendra, presque avec tranquillité, se mettre en place. Ce qui est assez impressionnant, car tout y passe, histoires de famille, secrets d’état, manipulations génétiques, jeunesse décadente, catastrophe de Fukushima…
Nous suivons donc une galerie de personnages perdus dans cet univers ou tout parait embrouillé et absurde, dans un cheminement douloureux vers la clarté.

Pour ma part, j’avouerai  avoir été un peu déstabilisé par le ton global du récit, qui éclaire (habilement, certes) tous les éléments, mais n’épargne aucune zone d’ombre, ne laissant finalement que peu de place au mystère.
Toutefois, ce roman m’a particulièrement fait plaisir avec la qualité de l’écriture des personnages : après l’impression de les avoir un peu déjà vus ailleurs (deux jeunes adultes face à leurs rêves d’adolescents détruits, un policier de seconde zone désabusé…), ils prennent souvent le contrepied des clichés au profit de relations naturelles, de réactions particulièrement humaines, qui finalement donnent toute sa substance à ce polar un peu extravagant.