Je suis un chat

Je suis un chat

18 septembre 2016 0 Par Toshi

Auteurs : Cobato Tirol, d’après l’œuvre de Natsume Sôseki
Traduction : Patrick Honnoré
Titre original : 吾輩は猫である, Wagahai wa, neko de aru
Éditeur : Philippe Picquier
Parution japonaise : 2015
Parution française : 18 août 2016
ISBN : 978-2-8097-1190-5
Prix : 14,50€

La quatrième :
Le célèbre roman de Sôseki devient un manga. Célèbre et désopilant. Vue par l’œil ironique d’un chat doté de remarquables talents d’observation et d’analyse, voici la vie d’un professeur d’anglais et de son entourage au début du vingtième siècle, lorsque le Japon est secoué par l’essor des valeurs marchandes venues d’Occident.
Le professeur Kushami, double de l’auteur, sa famille, ses visiteurs, l’étudiant amoureux, le tireur de pousse-pousse, le riche industriel, le maître de koto, sans oublier les chats, l’univers fantaisiste et débridé du roman est parfaitement restitué, avec toute sa richesse et sa profondeur.

Mon avis :
N’ayant lu l’œuvre originale qu’il y a plusieurs années, j’en garde le souvenir de la description du milieu de l’auteur par le biais de son chat. Ce point de vue neutre et un peu égocentrique permet de montrer le ridicule des rapports entre les personnages, mais derrière cet humour acerbe, la trame d’un parfait désespoir finit par transparaître.
L’adaptation est globalement fidèle, bien que certains glissements soient notables. Le chat devient le héros, et non plus seulement le narrateur. Le professeur Kushami perd la place centrale qu’il occupait dans le roman, et rejoint le même plan que les autres personnages.
Le dessin est très axé sur le coté mignon du protagoniste, un peu à mi-chemin de Chi et de What’s Michael, dans la lignée des seinen « tranche de vie » de ces dernières années. Cet aspect m’a un peu gêné au début, rendant à mon sens trop lisses les personnages, et diminuant la satire de Sôseki. Mais la profondeur de l’œuvre est finalement très bien portée par le texte et son excellente traduction ; les aventures félines côtoient les puériles guerres d’influence ou les conversations sur le suicide… Et finalement, lorsque surgit une pleine page d’adorable chaton faisant la sieste au milieu des philosophies de comptoir des convives de Kushami, il me semble que la portée de l’œuvre est respectée.
Le format, assez grand pour du manga, rend la lecture très agréable.
Pour ma part, je conseillerais cet ouvrage aux amoureux des mangas de chats, ou aux personnes souhaitant découvrir le roman ; si je n’y ai pas retrouvé toute la causticité et la poésie dont Soseki peut être capable, il reste un récit drôle, joli et prenant.