Je suis déjà venue ici

Je suis déjà venue ici

20 août 2011 0 Par Mélanie

Auteur : Mariko KOIKE 小池真理子
Titre original :
Éditeur : Picquier
Collection : Japon
Parution : 09/2008
ISBN : 2-8097-0047-3

La quatrième :

Il souffle un vent de liberté et d’insolence sur ces onze récits de Koike Mariko, dont l’unité est si grande qu’ils forment comme autant de chapitres d’un même livre. Les hommes, et surtout les femmes, y affrontent la vie et l’amour sans se soucier de la morale ou des convenances sociales. Si la tonalité de chaque histoire est différente, impossible de ne pas les lire toutes jusqu’au bout, tant le suspense s’installe dès les premières lignes, porté par une écriture dense et bourrée d’énergie, pour culminer en une chute inattendue.

Koike Mariko nous propose ici sa version du Japon contemporain, où les couples sont le plus souvent illégitimes et parfois improbables, où des femmes en rupture de ban vivent leur sexualité librement et cherchent leur vérité personnelle loin de tout modèle imposé.

Mon avis :

J’ai été très surprise en lisant la première nouvelle. D’abord parce que la quatrième correspond vraiment à l’ambiance de celle-ci, mais surtout, au final, de l’ensemble. L’amour y est décrit de belle manière, juste en passant dans des vies de femmes. Ce sont des tranches de vie, au sens propre : on marche dans une petite rue, et on s’attarde un moment à une fenêtre, on écoute… on regarde timidement… et on reprend son chemin pour recommencer plus loin. Ce n’est pas voyeur, bien loin de là. C’est d’ailleurs une écriture très fluide, douce et sans aucune vulgarité ou crudité des mots. La tendresse est même un fil conducteur dans ces vies de femmes japonaises et de leur compagnon. Si le focus est mis sur la dame, l’autre n’est pas négligé, ni simplement un faire-valoir.

Les nouvelles sont à lire réellement indépendamment, il ne faut pas hésiter à lâcher le livre un moment pour continuer à gouter toutes les sensations que ces lignes nous procurent. Un vrai sentiment de liberté dans les histoires de ces femmes, adultères, divorcées, toutes libres et voulant s’affranchir des normes de l’amour et de la sexualité, puisqu’elles savent que rien ne régit le cœur. Elles inventent alors leurs propres règles.

On y trouve aussi la mort. Dans presque toutes les nouvelles, la mort est présente, d’une manière ou d’une autre, mais jamais néfaste. Elle est. L’entrelacement entre Éros et Thanatos est bien réel et la mort peut être symbolique (un départ). Rien n’empêche d’avancer et chaque obstacle fait évoluer les protagonistes. On les y accompagne.

Cet ouvrage est à lire doucement, seul. On n’en sort pas indemne : pour ma part, je me suis sentie légère, heureuse, avec la sensation de connaitre chacun des personnages et de me connaître mieux. Je ne saurais dire quelles sont mes nouvelles préférées, mais je sais que « Je suis déjà venue ici » et « La licorne » m’ont beaucoup touchée, mais toutes sont belles.

Je recommande chaudement ce livre qui, j’espère, vous fera passer, comme à moi, un très bon moment.