Japon

Japon

4 avril 2011 1 Par Mélanie

Auteur : Collectif
Titre original
: Japon
Éditeur : Casterman
Collection : Écritures
Parution : 10 novembre 2005
ISBN
: 978-2-203-39626-5

La quatrième :

(Non une quatrième, mais la présentation sur le site de l’éditeur)

Dix-sept auteurs (neuf Français ou francophones, huit Japonais ou résidents au Japon) réunis pour la circonstance au sein d’un même ouvrage, pour évoquer, à travers une suite d’histoires courtes en toute liberté, un même univers : le Japon. Les Français ont fait le voyage pour la circonstance, bien sûr, envoyés chacun ou chacune dans une ville différente de l’archipel une quinzaine de jours (Joann Sfar à Tôkyô, Emmanuel Guibert à Kyôto, Nicolas de Crécy à Nagoya, etc.) afin d’en ramener une création inédite. Les Japonais, eux, nous parlent de leur quartier, de la ville où ils habitent ou de leur région natale (Kazuichi Hanawa, l’île septentrionale d’Hokkaidô, Jirô Taniguchi, Tottori, etc.)… Le résultat final est souvent inspiré, toujours surprenant : le monde japonais comme on ne l’avait encore jamais regardé. Japon paraîtra simultanément en français, en japonais et dans trois autres langues. Avec Le terrain vague de Hideji ODA, il constitue le premier volet d’une série de créations internationales en sens de lecture gauche-droite, par quelques uns des meilleurs auteurs européens et japonais de bande dessinée.

Mon avis :

J’avais toujours voulu lire cet ouvrage sans trop oser, car en 15 jours, quelles sont les impressions laissées si ce ne sont que celles de tout touriste, émerveillé ?

Que nenni, ma bonne dame, vous faites fausse route !

Le résultat est réellement surprenant.

On commence la lecture par un email de Frédéric Boilet à Etienne Davodeau expliquant le projet. Et juste après, on plonge directement dans la première histoire, « Au bord de la mer » de Kan Takahama. Et chaque histoire se démarque des autres, comme autant de petits bouts de vie qui se succèdent, et c’est d’ailleurs pourquoi je recommande de ne pas le lire d’une traite, au risque de vous perdre un peu.

Certains auteurs sont connus : Sfar, Schuiten, Taniguchi, Boilet… D’autres moins, surtout les japonais (ou alors, j’ai un grand vide à combler !). Et tous amènent un récit qui est loin des clichés de touristes, très loin même, comme si tous vivaient là bas depuis des années (c’est le cas pour certains, certes). Ne vous attendez pas à de la BD classique ou du manga. Vous aurez de tout, et même de la bande dessinée littéraire, où les images trouvent écho dans un texte.

J’ai beaucoup aimé « Le chant des grillons » de Moyoko Anno (auteur de Sakuran et de Happy Mania), « Ôsaka 2034 » de Schuiten-Peeters, « Je peux mourir, maintenant ! » d’Aurélia Aurita (Je ne verrais pas Okinawa), entre autres. Peu d’histoires m’ont déplues, peut-être seulement une, à y réfléchir : « Le tournesol », de Little Fish, qui est certes très joli au niveau du dessin, mais je n’ai vraiment pas accroché à l’histoire.

On va retrouver toutes sortes d’univers et d’ambiances ; on passe donc de thème historique pour Le Chant à de l’anticipation pour Ôsaka, à la découverte du Japon par une passionnée dans Je peux mourir…, ou encore des histoires d’amour, de voyage initiatique à travers l’art traditionnel… Bref, tant de points de vue qui vont vous faire découvrir une facette cachée d’un Japon trop méconnu.