Compléter les blancs

Auteur : HIRANO Keiichirō 平野 啓一郎
Traduction : Corinne ATLAN
Titre original : Kûhaku wo mitashinasai 空白を満たしなさい
Éditeur : Actes Sud
Parution japonaise : 2012
Parution française : 3 mai 2017
ISBN : 978-2-330-07842-3
Prix : 23, 00€

La quatrième :

Tetsuo Tsuchiya rentre chez lui et retrouve sa femme et son fils après une absence de trois ans : comme les milliers de suicidés qui viennent de ressusciter à travers tout le Japon, il voudrait reprendre sa vie là où il l’avait laissée.
Mais Tetsuo est persuadé d’avoir été assassiné. Il n’avait aucune raison de se jeter du toit de l’immeuble de son entreprise. Il adorait sa famille et venait d’obtenir une promotion. Le vague souvenir d’une ombre auprès de lui juste avant sa mort achève de le convaincre qu’il a été poussé dans le vide.
Il se lance à la recherche du meurtrier, mais bientôt les difficultés s’accumulent : sa femme semble lui cacher quelque chose – un nouvel homme dans sa vie ? – et son fils de quatre ans le considère comme un étranger. Déprimé, il songe à mettre fin à ses jours…
Entre introspection et enquête, dans un roman qui emprunte tour à tour au policier et au fantastique, Keiichirô Hirano entraîne le lecteur dans un passionnant questionnement sur les raisons qui poussent chaque année plus de trente mille personnes à se supprimer au Japon, mais aussi sur les souffrances et l’ostracisme endurés par les familles après le suicide d’un proche. Plongée passionnante dans les rouages intimes de la société nippone, Compléter les blancs questionne le vide et la dureté de l’existence dans nos civilisations contemporaines ultra-développées.

Mon avis :

Compléter les blancs est un  livre un peu à part. Au début fantastique, avec le retour à la vie mystérieux de certains morts dans le monde, puis policier, avec la recherche de Tetsuo du responsable  de son décès car, il en est persuadé, il n’a pas pu du tout se suicider, avec une femme si admirable, un jeune fils si adorable, un travail gratifiant… Son enquête va le mener petit à petit à se souvenir, à compléter par tous les moyens ces « blancs » qui l’empêchent d’avancer et de reconstruire sa vie. Retour à l’entreprise, rencontres, réunions de ressuscités, familles… On découvre ce qu’il reste, finalement, des  traces des morts en ce monde, des impressions, influences qu’ils ont eu dans ce monde.

Et que faire de ces revenants ? Comment les sociétés font-elles face ? Comment les gens réagissent face à ces êtres qui ont deux vies et deux morts ? Et Tetsuo, a-t-il été assassiné, comme il le croit ? ou a-t-il succombé à son propre désespoir ?

Le sujet me touchant assez, j’ai trouvé le texte très bon, très apaisant, finalement, et il interroge çà et là sur la société, son rapport aux morts et au suicide, sur ce que sont les gens et leur.s personnalité.s. On sent que l’auteur connait très bien l’état d’esprit des gens enclins à se donner la mort mais parce qu’il les comprend, il tente de les sauver par cet ouvrage. Pas de mépris, pas de jugement, pas de condescendance si ce n’est par les différents personnages qui donnent tour à tour leur point de vue sur les actes du jeune Tetsuo. Ce livre est une petite leçon de vie.

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