Après le tremblement de terre

Après le tremblement de terre

3 avril 2011 6 Par Mélanie

Auteur : MURAKAMI Haruki 村上 春樹
Titre original : Kami no kodomotachi wa minna odoru 神の子どもたちはみな踊る (Traduction littérale : Tous les enfants de Dieu savent danser)
Éditeur
: 10/18
Collection
: Domaine étranger
Parution : 4 Janvier 2002
ISBN
: 978-2-264-03379-6

La quatrième :

Japon, 1995. Un terrible tremblement de terre survient à Kobe. Cette catastrophe, comme un écho des séismes intérieurs de chacun, est le lien qui unit les personnages de tous âges, de toutes conditions, toujours attachants, décrits ici par Haruki Murakami. Qu’advient-il d’eux, après le chaos ? Séparations, retrouvailles, découverte de soi, prise de conscience de la nécessité de vivre dans l’instant. Les réactions sont diverses, imprévisibles, parfois burlesques… Reste que l’art de Murakami est de montrer, avec modernité et délicatesse, la part d’ombre existant derrière les choses et les êtres, invitant le lecteur à y déceler le reflet de ce qu’il porte en lui-même. Reconnu comme l’un des plus grands auteurs japonais contemporains, Haruki Murakami est traduit dans de nombreux pays. Aujourd’hui, la critique, unanime, s’accorde à voir en lui un futur lauréat du prix Nobel de littérature.

Mon avis :

J’ai découvert Murakami Haruki à la fac, lors des cours de Littérature japonaise, avec les Amants du Spoutnik… Suite aux récents évènements qui ont blessé le Japon, je suis tombée par hasard sur cet ouvrage et j’ai été intriguée : de quelle manière Murakami Haruki allait-il traiter d’un évènement aussi grave, lui qui sait mélanger avec grâce le fantastique et la légèreté aux épreuves ?

Soit. La lecture est aisée, agréable, et chacun des personnages entre dans votre vie pour partager la sienne. Contrairement à ce que le titre laisserait penser, on ne parlera pas de victimes du séisme, mais des autres, ceux qui sont loin, et des conséquences qu’ils vont subir, non sur leurs corps, évidemment, mais dans leurs têtes et leurs cœurs.

Ces nouvelles sont toutes reliées avec le fin fil du tremblement de terre de Kobe, un fil invisible que l’on remarque à peine en lisant et qui revient en mémoire quand on fait une pause. Car les pauses entre chaque nouvelles ne sont pas superflues : elles permettent de méditer et de goûter la saveur étrange que laisse chaque texte quand on se rend compte de la chose : quoiqu’il se passe, la vie continue et jamais on ne doit cesser de rêver et de construire.

Et les premières fois que je laissais la lecture en suspend, je suis restée assez perplexe, sans le coté péjoratif que l’ont pourrait attribuer au mot. Je ne trouvais pas, même après la troisième nouvelle, ce côté fantastique qui vous engloutit doucement sans que l’on s’en rende compte… Mais finalement, « Thaïlande » et « Crapaudin » renouent avec ce que je connaissais de l’auteur, « Thaïlande » m’ayant fait penser aux Amants tant pour le style que pour l’ambiance.

Au final, les trois premières sont relativement réalistes, les deux suivantes fantastiques et la dernière très poétique. Le recueil nous fait voyager de la crudité de la réalité pour parvenir, par petits sauts, vers la conclusion finale que je résumerai par : Sept fois à terre, huit fois debout.